Retour sur le Printemps 2017…
Nous partons de l’idée selon laquelle le « Parisien » est égoïste en référence à l’élection d’Emmanuel Macron au poste de Président de la République le mois précédent. Il s’agit de faire le parallèle du moins symboliquement entre l’élection du nouveau Président de la République – en bon représentant du « Grand Capital » mis sur pied par l’oligarchie –, et la victoire de l’idéologie dominante néolibérale caractérisée par l’individualisme égoïste. Nous ne rentrerons pas plus dans les détails de tout ce qu’implique la représentation de l’élection du nouveau Président de la République mais simplement percevons cette victoire comme le prolongement du triomphe de l’idéologie individualiste, ce qui est communément appelé depuis plusieurs décennies maintenant « l’homo economicus », à savoir le sujet produit par la société de consommation. Le vote Macron ayant été très majoritaire à Paris, comment interpréter et lier ce geste politique aux mentalités qu’il implique sans tomber dans des raccourcis inutiles. Cela éclaire-t-il un tant soit peu la signification de ce que « Parisien » veut dire ? Devenu – en parti – le symbole de la « start-up Nation » macronienne, l’espace public de la capitale française est de plus en plus contaminé par cet « esprit start-up », mais heureusement quelques îlots résistent encore (Ménilmontant par exemple). Si l’on associe la gentrification à l’esprit start-up et la grande bourgeoisie de l’ouest parisien, Paris est vraiment devenue une ville qui « sent mauvais » ; le « Parisien » en tout cas. Le mode de vie individualiste, superficiel, arrogant et le sentiment de supériorité vis-à-vis de tout ce qui se situe en dehors du périphérique caractérise assez bien bon nombres de « parisiens ». Qu’entendre ainsi par ce – (néo) – « parisiannisme » ? Le mélange entre l’idéologie capitaliste du travail – « Travail, consomme et ferme-là », « métro, boulot, dodo » etc. – à savoir tous les mécanismes déshumanisants où l’homme n’a d’autre temps à consacrer qu’à son travail associés aux logiques de profits et de concurrence (mises en places par les nouvelles techniques managériales entre autre) destructeur de liens sociaux et producteur d’inégalités d’une part, d’autre part la sensation d’appartenir à un territoire historique sans en connaître les mœurs associé à un sentiment de supériorité et une arrogance susmentionné ce qui produit une perversion affective et comportemental du sujet. On observe ainsi le degré de perversité à la fois abstrait et concret – existentielle et économique – de la domination néolibérale parisienne. Il convient alors de penser à une stratégie visant la subversion de cette domination – à savoir l’idéologie qui se déploie à l’intérieur du périphérique en tant qu’idéologie dominante – afin de parvenir à un mode de vie qui « échappe » à la domination. Le « désir de domination » d’une minorité s’opposant au désir de liberté de la majorité il convient d’imaginer qu’un Paris véritablement libertaire n’adviendra qu’en menant une lutte à la fois idéologique, stratégique et politique. Pensons par exemple à cet « entre-soi » parisien où artistes, intellectuels et diverses personnalités cultivent un intellectualisme certes très riche culturellement mais qui ne dépasse pas le périphérique. Cet entre-soi parisien témoigne également de la fracture grandissante entre un certain élitisme intellectuel mêlant savoir et pouvoir et une population marginalisée fragile socialement et économiquement. Tant que la transmission du savoir ne sera pas répartie égalitairement à l’ensemble d’une population donnée sur un territoire donné émergeront des frustrations et des crispations qui ne feront qu’accentuer la violence sociale. Il faudra donc rester nuancer quant à la signification que peut prendre le mot « parisien » car nous comprenons qu’il n’y a pas un profil type mais différents styles qui s’opposent. Il n’y a pas un Paris mais des Paris. Tout comme il n’y a pas une France mais des Frances. Ce sont plusieurs mentalités et habitus avec des idéologies opposées derrières qui s’affrontent et nous savons laquelle nous, hommes libres voulant vivre dans une communauté libre, nous nous situons. Heureusement il existe encore quelques îlots parisiens où il fait bon de vivre, où l’on se sent bien.
Note : Nul besoin de rappeler que le Printemps 2017 nous avertit déjà du danger fasciste pour 2022. L’élection de Macron et les politiques qui en suivront favoriseront la montée du vote extrême-droite.

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